États-Unis : plus de 75 000 employés du secteur de la santé entament une grève

Un mouvement de grève sans précédent touche depuis mercredi le groupe hospitalier américain Kaiser Permanente. Plus de 75 000 employés dans quatre États ont cessé le travail et réclament, entre autres, des augmentations de salaire.

Plus de 75 000 employés de Kaiser Permanente, l’un des plus gros systèmes hospitaliers des États-Unis, ont commencé mercredi 4 octobre une grève de trois jours pour réclamer de meilleures conditions de travail, dernier conflit social d’une longue liste cette année.

Il s’agit du mouvement le plus important à secouer les services de santé aux États-Unis, a dit la coalition de syndicats qui a appelé à cette grève en Californie, dans l’Oregon, en Virginie et à Washington notamment, pour dénoncer des « pratiques de travail déloyales ».

La grève a commencé dans la matinée sur la côte Est avant de s’étendre, décalage horaire oblige, à la côte Ouest, où la majeure partie de la main-d’œuvre du groupe est basée. Kaiser Permanente gère des dizaines d’hôpitaux et des centaines de centres médicaux.

Sous-payés et surmenés
Sur les piquets de grève à Los Angeles, des employés ont affirmé être sous-payés et surmenés. « Depuis la pandémie, beaucoup de collègues sont partis et ils n’ont pas été remplacés », a dit à l’AFP Armando Velasco, technicien radiologue. « Et maintenant nous sommes au bord du précipice », a-t-il ajouté.

Pour l’infirmière Kathy Lozoya, le coût de la vie en Californie du Sud est de plus en plus difficile à supporter. « Kaiser Permanente a fait des milliards de dollars de bénéfices, tout ce que nous demandons aux responsables de Kaiser c’est de partager ces profits avec les travailleurs qui sont en première ligne », a-t-elle déclaré.

Les syndicats réclament entre autres des augmentations salariales et des protections contre l’externalisation des services. « Les employés sont vraiment sous pression en ce moment », a dit à CNN Renee Saldana, porte-parole de l’un des syndicats, SEIU-UHW. Avec la pandémie du Covid-19, « ils ont traversé la pire crise sanitaire mondiale en une génération, puis ils en sortent et doivent s’inquiéter de payer leur loyer, ils ont peur de perdre leur maison, ils ont peur de [devoir] vivre dans leur voiture », a-t-elle ajouté.

Négociations en cours
Kaiser Permanente, dont le siège est à Oakland en Californie, s’est dit « déçu » par cet appel à la grève et a indiqué prévoir de garder ses centres médicaux ouverts pendant le mouvement. Des temps d’attente plus longs sont toutefois à prévoir, a affirmé le groupe.

Kaiser a affirmé mercredi que « beaucoup de progrès » avaient été faits dans les négociations et que les parties étaient parvenues à des accords sur « plusieurs propositions mardi soir ». « La direction de Kaiser Permanente et les représentants de la coalition de syndicats sont toujours à la table des négociations », selon un communiqué cité par plusieurs médias.

Dans le Maryland, en Virginie et à Washington, la grève doit durer 24 heures. La plupart des autres employés participants doivent observer le mouvement pendant trois jours, jusqu’à samedi matin. Si les demandes des travailleurs de la santé ne sont pas satisfaites, une nouvelle grève pourrait être organisée en novembre, a prévenu la coalition de syndicats.

Sur fond d’inflation, plusieurs grèves retentissantes ont ces derniers mois été observées aux États-Unis, du secteur de l’automobile à celui du cinéma et de la télévision.

 AFP

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