Washington accuse Pékin de chercher à « saper le système judiciaire » américain

Les États-Unis ont accusé la Chine, lundi, d’être impliquée dans trois affaires distinctes dans lesquelles des agents présumés du renseignement chinois ont harcelé un de leurs compatriotes aux États-Unis, tenté d’interférer dans les poursuites intentées à une grande entreprise de télécommunications chinoise et fait pression sur des chercheurs américains afin de les pousser à travailler pour Pékin.

Le ministre américain de la Justice a accusé, lundi 24 octobre, l’État chinois de chercher à « saper le système judiciaire » des États-Unis, et a annoncé des inculpations contre 13 ressortissants chinois qui travailleraient pour les renseignements de Pékin.

Merrick Garland a détaillé trois affaires distinctes dans lesquelles des agents présumés du renseignement chinois ont harcelé un de leurs compatriotes aux États-Unis, tenté d’interférer dans les poursuites intentées à une grande entreprise de télécommunications chinoise (il s’agirait du géant Huawei) et fait pression sur des chercheurs américains afin de les pousser à travailler pour la Chine.

Ces affaires montrent que « l’État chinois a cherché à interférer avec les droits et les libertés de personnes aux États-Unis et à saper notre système judiciaire qui protège ces droits », a déclaré Merrick Garland lors d’une conférence de presse.

« Le ministère de la Justice ne tolèrera aucune tentative de la part d’une puissance étrangère de saper l’État de droit sur lequel notre démocratie est fondée », a-t-il ajouté, alors que deux des accusés ont été arrêtés jeudi à New York.

Opération « Chasse au renard »
Parmi les affaires citées par Merrick Garland, figure celle impliquant sept Chinois accusés d’avoir tenté d’obliger un de leurs compatriotes, résidant aux États-Unis, à retourner en Chine dans le cadre d’une campagne de rapatriement forcé menée par Pékin.

Ils auraient surveillé et harcelé ce ressortissant chinois, présenté par la justice américaine sous l’identité fictive de John Doe-1 pour protéger son anonymat, et sa famille dans le cadre de l’opération « Chasse au renard », qui implique des « brigades de rapatriement » clandestines cherchant à forcer des expatriés à rentrer en Chine.

Pékin présente cette opération comme une stratégie de lutte contre la corruption, assurant que ses services respectent les lois internationales lors de leurs déplacements à l’étranger.

Dans une deuxième affaire, deux agents présumés des renseignements chinois ont été inculpés pour avoir tenté d’entraver des poursuites intentées aux États-Unis à une entreprise de télécoms chinoise, probablement Huawei.

Ces deux personnes auraient élaboré un plan pour « voler des documents et autres informations » au parquet, y compris en payant « un pot-de-vin de 41 000 dollars en bitcoin à un employé du gouvernement américain ». Les agents présumés pensaient avoir recruté ce dernier au profit de la Chine mais il s’agissait en fait d’un agent double travaillant pour le FBI, selon les autorités américaines.

Des professeurs d’université approchés

Et dans la troisième affaire, quatre ressortissants chinois ont été inculpés « en lien avec une campagne de longue date des renseignements ciblant des personnes aux États-Unis pour qu’elles agissent en tant qu’agents de la République populaire de Chine ».

De 2008 à 2018, ces quatre personnes auraient notamment approché des professeurs d’université et un ancien agent fédéral, selon les autorités américaines.

Interrogé pendant la conférence de presse de lundi sur le moment choisi pour faire ces annonces, au lendemain d’un troisième sacre historique pour Xi Jinping, le directeur du FBI Christopher Wray a affirmé que les affaires étaient présentées « quand elles (étaient) prêtes ».

« Si le gouvernement chinois, le Parti communiste chinois continuent de violer nos lois, ils vont continuer à tomber sur le FBI », a-t-il dit.

AFP

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