Que vaut l’armée taïwanaise face à la puissance militaire chinoise ?

Pékin s’est dite “prête à se battre à tout moment” en se référant à la situation politique complexe de Taïwan. L’armée de Taipei a-t-elle une chance face à une potentielle invasion chinoise ? Voici quelques chiffres pour mieux comprendre la situation militaire de ces deux États asiatiques.

Quel écart de puissance militaire existe-t-il entre Pékin et Taipei ? C’est la question que se posent de nombreux officiers américains et taïwanais alors que la Chine a conclu des exercices armés de grandes ampleurs près de l’État insulaire. Ces simulations de combat ont été organisées à la suite de la visite de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen en Californie le 5 avril dernier. Pékin avait simulé une attaque complète de l’île, allant du bombardement de missiles au bouclage de l’île en bloquant le trafic maritime et aérien. Ces jeux de guerre servent non seulement à intimider, mais aussi à permettre aux troupes chinoises de s’entraîner à verrouiller l’île en cas d’attaque réelle.

Cette question autour de l’écart militaire entre les deux États asiatiques est d’autant plus cruciale que le gouvernement de Xi Jinping s’est dit “prêt à se battre à tout moment”. Premièrement, la différence de budget est bien sûr colossale : Pékin a alloué 200 milliards d’euros à ses forces militaires pour l’année 2023. Un chiffre qui pourrait être encore en dessous de la réalité puisque de nombreux think tank estiment que la République populaire a des dépenses militaires supérieures à ce qu’elle annonce officiellement. L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm estime que le véritable budget de l’armée chinoise serait de 265 milliards d’euros.

De son côté, Taïwan a décidé d’augmenter ses dépenses militaires de 15% pour l’année 2023. Une hausse qui ne comble pas l’immense écart de puissance face à la Chine puisque le budget de l’armée taïwanaise est de 17,2 milliards d’euros. En termes d’effectifs, Pékin sans grande surprise, possède la plus grande armée du monde avec environ deux millions de soldats actifs et plus de 500.000 réservistes. À titre de comparaison, Taipei peut compter sur plus 169.000 militaires actifs et est actuellement soutenue par quelque 1,66 million de « guerriers civils », selon les données de l’Institut international d’études stratégiques.

La plus grande flotte militaire du monde pour la Chine
Dans les cieux et sur les mers, la différence de puissance entre les deux pays asiatiques est encore plus flagrante. La République populaire possède la plus grande flotte militaire du monde en termes numériques. La marine chinoise peut notamment se targuer d’avoir 350 bateaux et sous-marins. Et le gouvernement de Xi Jinping ne compte pas en rester là. Il continue de moderniser sa flotte et souhaite aussi construire davantage de navires amphibiens et de porte-avions pour accroître sa puissance globale. La flotte taïwanaise ne compte en son sein qu’une trentaine de navires et quatre sous-marins.

L’armée de l’air chinoise possède plus de 3.000 avions de combats dont 1.200 avions de chasse. Certains datent de l’époque de la guerre froide mais d’autres comme le J-20 sont des chasseurs furtifs de cinquième génération. L’armée taïwanaise, elle, ne dispose que de 750 avions militaires, dont seulement 200 chasseurs. En outre, Pékin possède d’autres avantages importants comme les ogives nucléaires qui peuvent d’ailleurs être embarqués par les missiles hypersoniques Dongfeng-17 ou YJ-21.

La stratégie du hérisson
Malgré ces différences militaires colossales, Taïwan a mis en place des stratégies de défense pour dissuader une potentielle invasion chinoise. Les officiers de Taipei veulent mettre en place la stratégie ou la défense du hérisson : le but est de fortifier les défenses armées de l’île pour rendre un débarquement chinois énormément coûteux en vies humaines mais aussi en équipements militaires. La priorité de l’île est donc de détruire tous les navires et tous les avions ennemis avant qu’ils ne puissent faire débarquer des soldats.

Pour réaliser cette tâche qui semble insurmontable, l’armée taïwanaise devra s’équiper en priorité de missiles à longue portée. Selon un rapport, Taipei est en train de développer son propre système d’armes balistiques, capable de détruire des cibles aériennes, terrestres ou maritimes. Pour l’instant, aucune information supplémentaire n’a été donnée sur cette technologie. Taïwan pourra aussi compter sur les armes vendues par son allié américain. Depuis quelques années, Washington multiplie les contrats d’armement avec l’île.

Ainsi, l’armée taïwanaise sera bientôt équipée du missile de croisière AGM-84H spécialisé dans la destruction de navires de guerre. Taïpei disposera aussi du système de roquettes Himars qui a déjà fait ses preuves dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Les hauts gradés de l’île mettent logiquement la priorité sur la défense côtière du pays. En cas de conflit avec le géant chinois, la marine taïwanaise déploiera de nombreuses mines anti sous-marines dans le détroit qui sépare l’État insulaire de la République populaire. Un système anti-missile sera disséminé sur toutes les plages du territoire national pour empêcher les bombardements que l’armée chinoise pourrait lancer de l’autre côté du détroit.

capital

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