RD Congo : une nouvelle attaque armée attribuée aux ADF fait des dizaines de morts

Plus de quarante personnes sont mortes dans la nuit de mercredi à jeudi dans une nouvelle attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées dans l’est de la RD Congo, a-t-on appris auprès des autorités locales.

Nouvelle attaque armée en RD Congo. Plus de 40 personnes sont mortes, dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 mars, dans une nouvelle attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF) – affiliés à l’organisation État islamique.

« Le bilan qui est toujours provisoire est de 38 personnes tuées à Mukondi et huit à Mausa », deux villages proches l’un de l’autre dans le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a déclaré à l’AFP Kalunga Meso, le chef du groupement (ensemble de villages) local. Ce notable ajoute que « les ADF ont rassemblé les gens pour ensuite les exécuter ».

Ce bilan est confirmé par Arsène Mumbere, président de la société civile locale, qui ajoute que les assaillants « sont entrés dans le village Mukondi sans bruit » et ont tué la plupart des victimes « par armes blanches ».

« Dans la nuit du 8 au 9 mars, des miliciens venus de la vallée de Mwalika ont incendié le village de Mukondi » et « ont tué au moins 36 personnes à l’arme blanche », a publié jeudi matin sur son compte Twitter le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), un réseau d’analystes basés dans l’est de la RD Congo.

Les autorités provinciales n’ont pas encore communiqué sur cette attaque.

Près de 150 personnes tuées par les ADF depuis le début de l’année
Le groupe rebelle islamiste ADF est à l’origine composé de rebelles ougandais majoritairement musulmans qui ont fait souche depuis le milieu des années 1990 dans l’est de la RD Congo, où ils sont accusés d’avoir massacré des milliers de civils.

En 2021, des attentats sur le sol ougandais leur ont aussi été attribués et une opération militaire conjointe entre les armées congolaise et ougandaise a été lancée pour les traquer dans le Nord-Kivu et dans la province voisine de l’Ituri.

Les États-Unis ont offert la semaine dernière une récompense pouvant aller jusqu’à 5 millions de dollars pour toute information susceptible de mener à leur chef, un Ougandais d’une quarantaine d’années nommé Musa Baluku.

D’après le KST, les ADF ont tué près de 150 personnes depuis le début de l’année, en incluant cette dernière attaque.

Plus au sud, la province du Nord-Kivu est également depuis plus d’un an le théâtre de combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon Kinshasa et des experts de l’ONU.

Après plusieurs annonces d’arrêt des hostilités restées sans effet ces derniers mois, un cessez-le-feu était censé entrer en vigueur mardi. Mais les armes ne se sont pas tues et le M23 a continué d’étendre son territoire.

Une délégation du Conseil de sécurité est attendue jeudi soir à Kinshasa, pour une visite de travail de trois jours qui doit aussi la mener à Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu, ville de plus d’un million d’habitants coincée entre le Rwanda à l’est, le lac Kivu au sud et les rebelles du M23 au nord et à l’ouest.

Les représentants du Conseil comptent « apprécier la situation sécuritaire et humanitaire dans le Nord-Kivu », a indiqué dans un communiqué la Mission de l’ONU dans le pays (Monusco), et « évaluer le contexte dans lequel évolue » cette force.

AFP

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